
Parmi les quelques 80 otages israéliens ou étrangers libérés depuis le début de la trêve entre Israël et le Hamas, rare sont ceux à s’être pour l’heure publiquement exprimé sur leurs conditions de captivité. Quelques détails commencent cependant à émerger, via les témoignages rapportés de proches ou de soignants, malgré la discrétion voulue par les autorités israéliennes.
En tout, 86 otages ont retrouvé la liberté depuis le début de la confrontation entre Israël et Gaza. La plupart des témoignages sont convoyés par des proches des personnes enlevées le 7 octobre dans les kibboutz le long de la frontière avec Gaza.
Nourriture insuffisante
Des repas irréguliers, des pitas, du humus, beaucoup de riz et de conserves, ainsi que de l’eau polluée : voici le régime alimentaire auquel ont été soumis les otages détenus par le Hamas ; comme, apparemment, le reste de la population de Gaza, décrit notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.
D’après le docteur Ronit Zaidenstein de l’hôpital Shamir, les 17 otages thaïlandais qui y ont été examinés à leur libération, n’ont reçu qu’une « alimentation très faiblement nutritive » durant leur détention.
De son côté, Ruth Munder, une des rares otages à s’être exprimée sur ce qu’elle avait vécu en détention, a affirmé à la chaîne israélienne Channel 13 n’avoir été ni torturée, ni maltraitée, mais que les conditions de détention se sont dégradées au fil du siège de Gaza. Âgée de 78 ans et libérée en compagnie de sa fille et de son petit-fils, elle raconte qu’au début, on leur donnait du « poulet congelé avec des conserves, et même des friandises pour les enfants. Mais après on a eu faim ». « Les gardes menaçaient par gestes de nous égorger », dit-elle encore.
Détention dans des tunnels, isolement, lits de fortune
Les récits diffèrent selon les groupes d’otages qui étaient retenus les uns dans des tunnels, les autres dans de simples appartements. D’après les témoignages de proches dans plusieurs médias internationaux, la majorité aurait malgré tout été détenue dans des tunnels, souvent plongée dans le noir, avec des conditions sanitaires plutôt difficiles.
Margarita Mashavi, médecin à l’hôpital Wolfson – par où ont transité de nombreux otages à leur libération – a rapporté ce lundi, au site d’information Ynet, que les otages libérés à qui elle avait parlé lui avaient raconté avoir été incarcéré en sous-sol. « On ne leur a donné que deux heures de lumière » par jour, a-t-elle ajouté dans cet entretien depuis supprimé du site. « Même quand ils demandaient un stylo ou un crayon pour écrire pour passer le temps, les hommes du Hamas refusaient de peur qu’ils transmettent des informations. Ils étaient sans télévision, sans lecture et passaient donc le temps à discuter entre eux », a signalé le Dr Mashavi auprès de Ynet.


