Polémique autour d’une décision visant à interdire l’entrée en France des artistes originaires de pays africains

 Le Syndicat national des institutions artistiques et culturelles s’étonne de la décision de « suspendre immédiatement et jusqu’à nouvel ordre toute coopération avec les artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso ».  Cette décision figure dans une lettre adressée aux responsables des associations culturelles françaises par le ministère de la Culture, qu’ils ont reçue mercredi dernier du ministère des Affaires étrangères.

 La lettre comprenait des mesures radicales, notamment « la suspension de tous les projets de coopération mis en œuvre par des institutions ou services culturels avec des institutions ou des citoyens de ces trois pays, sans délai et sans aucune exception ».  Tout soutien financier, même celui apporté par les structures françaises, comme les associations, doit également être suspendu.»

 La lettre du gouvernement exigeait également que la France « n’adresse aucune invitation à aucun citoyen de ces pays », notant que la France, depuis l’émission de cette lettre, « n’a plus délivré de visa aux citoyens de ces trois pays, sans aucune exception, jusqu’à nouvel ordre ». »

 Selon les observateurs, cette décision représente « un changement profond dans la politique française en matière de solidarité artistique internationale ».

 Le syndicat a considéré cette décision comme « une grave erreur d’un point de vue politique », soulignant que « l’interdiction des relations entre artistes est sans précédent dans aucune autre crise internationale, depuis la crise la plus récente avec la Russie, jusqu’à la plus ancienne et la plus durable, avec Chine. »

 Elle a appelé à une réunion immédiate avec le Secrétariat général du ministère de la Culture pour écouter les arguments des professionnels et affirmer avec force la solidarité de la France avec ces artistes.

 Cette décision contredit « les obligations internationales de la France, notamment celles contenues dans la Convention de l’UNESCO de 2005, relatives à la protection et à la promotion de la diversité des expressions culturelles ».  Selon le syndicat.

 Il semble que « la décision ne soit pas prise aujourd’hui », selon le commentaire de Sébastien Lagrave, directeur du Festival des musiques africaines, qui débute le 17 novembre prochain, comme chaque année, en banlieue parisienne.

 Il a expliqué dans une interview au site « Sky News Arabia » : « Depuis le 7 août dernier, j’ai dû annuler trois concerts d’artistes du Mali et du Burkina Faso parce qu’ils n’avaient pas obtenu de visa. »

 Pour tenter de mettre un terme à la polémique en cours, la ministre française de la Culture, Rima Abdel Malik, a déclaré : « Nous ne boycottons jamais les artistes.  « Nous n’avons tout simplement pas de service de visa efficace dans ces pays pour des raisons de sécurité. »

 Elle a ajouté : « Tous ceux qui ont déjà des visas et qui ont prévu des tournées ou des spectacles pourront y assister comme prévu. »