
Le mouvement tunisien Ennahda a annoncé l’arrestation de son président, Rashid Ghannouchi, hier soir, par une unité de sécurité, qui a perquisitionné son domicile dans la capitale et l’a emmené vers une « destination inconnue », décrivant ce qui s’est passé comme un « développement très dangereux ».
Lors d’une conférence de presse tenue, Ennahda a tenu les autorités tunisiennes responsables de la sécurité de son président, affirmant que ce qui s’est passé n’a pas respecté « les procédures légales les plus simples ».
Le mouvement a appelé à la libération immédiate de son leader et à la fin de l’irrespect envers les militants politiques de l’opposition, ainsi qu’à faire front commun face à ces pratiques répressives qui violent les droits, les libertés et l’honneur des politiciens de l’opposition.
Les autorités judiciaires tunisiennes n’ont pas commenté les raisons de l’arrestation de Ghannouchi, qui intervient au lendemain de ses déclarations dans lesquelles il a déclaré qu' »il existe en Tunisie un empêchement intellectuel et idéologique qui établit la guerre civile ».
Dans le cadre des réactions à cette arrestation, Ahmed Najib al-Shabi, chef du Front de salut national, une coalition opposée au président Kais Saied, a estimé que cette évolution est une « nouvelle phase de la crise politique », ajoutant dans un communiqué qu’Ennahda est « le parti politique le plus important » en Tunisie, et que son président « adhère à un travail politique pacifique ».


