Coup d’état au Burkina Faso Damiba démis de ses fonctions et abolition de la constitution

Un groupe de militaires a annoncé vendredi 30 septembre à la télévision nationale du Burkina Faso la mise à l’écart du chef de la junte Paul Henri Damiba,la dissolution du gouvernement et l’abolition de la constitution.

Après une journée émaillée de tirs dans le quartier de la présidence à Ouagadougou, une quinzaine de soldats en treillis et pour certains encagoulés ont pris la parole, peu avant 20 heures, heure locale (et GMT) sur le plateau de la radiotélévision nationale.

« Le lieutenant-colonel Damiba est démis de ses fonctions de président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration » [MPSR, organe dirigeant de la junte), ont déclaré les militaires dans un communiqué lu par un capitaine.

La présidence burkinabè avait annoncé plus tôt que « des pourparlers sont en cours pour rétablir le calme et la tranquillité », ajoutant que celui qu’elle qualifie d' »ennemi » qui s’attaque au pays « ne veut que diviser les Burkinabé pour achever son œuvre de déstabilisation ».

Le capitaine Ibrahim Traoré, nouvel homme fort du pays

Le nouvel homme fort du pays, désigné président du MPSR, est désormais le capitaine Ibrahim Traoré, a-t-il ajouté. Le sort de Paul-Henri Damiba restait inconnu vendredi soir.

Les putschistes ont également annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays à partir de minuit, ainsi que la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée législative de transition.

Un couvre-feu de 21 heures à 5 heures est aussi mis en place.

Les militaires invoquent « la dégradation continue de la situation sécuritaire » dans le pays. « Nous avons décidé de prendre nos responsabilités, animés d’un seul idéal, la restauration de la sécurité et de l’intégrité de notre territoire », ont-ils poursuivi.

« Notre idéal commun de départ a été trahi par notre leader en qui nous avions placé toute notre confiance. Loin de libérer les territoires occupés, les zones jadis paisibles sont passées sous contrôle terroriste », ont-ils encore affirmé.

Paul-Henri Damiba avait promis, en prenant le pouvoir, de faire de la sécurité sa priorité,dans ce pays miné depuis des années par des attaques sanglante johadistes. Mais celles-ci se sont multipliées ces derniers mois, notamment dans le Nord.