France: après le discours d’Emmanuel Macron, le blocage politique post-législatives se poursuit

Huit minutes devant les Français et une situation toujours bloquée. La déclaration d’Emmanuel Macron, ce mercredi 22 juin au soir, n’a pas réglé la crise politique en France.

Sans majorité absolue, Emmanuel Macron est toujours à la recherche de nouveaux alliés pour faire voter ses futures réformes. Hier soir, il a renvoyé la balle dans le camp des oppositions en leur demandant se positionner sur son projet. Alors que la droite et la gauche voulaient elles que le chef de l’État reprenne leurs mesures. Un dialogue de sourds où chacun attend que l’autre prenne l’initiative.

À l’union de la gauche, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas de la « ratatouille » d’Emmanuel Macron. « Non », a tweeté Olivier Faure, le chef du Parti socialiste. Les communistes et les Républicains laissent la porte ouverte, mais là encore, ils attendent que ce soit le gouvernement qui fasse des propositions, pas l’inverse. Le RN est prêt à voter des mesures gouvernementales, mais pour Marine Le Pen, c’est à Emmanuel Macron de montrer ses cartes en premier.

Ultimatum ou simple rendez-vous ?

Emmanuel Macron a dit hier soir qu’il attendait les réponses de l’opposition pour son retour du conseil européen de Bruxelles, ce que tout le monde a pris comme un ultimatum de 48 heures. Mais en réalité, il ne s’agirait que d’un rendez-vous, d’un point de départ. La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a dû faire l’explication de texte ce matin sur France Info. 

Emmanuel Macron n’a plus la main, il essaie de partager la responsabilité du blocage sur les oppositions en prenant à témoin les Français. Ses adversaires ne sont pas prêts à abandonner le bras de fer aussi facilement.

Des compromis possibles ?

Emmanuel Macron a en cités plusieurs hier soir : pouvoir d’achat, sécurité, écologie… Sans rentrer dans le détail. Ce matin, Olivier Grégoire a lancé une piste : le gouvernement pourra « discuter » du blocage des prix de produits de première nécessité, ce que veut la gauche. Mais pour le reste, mystère…

Élisabeth Borne menacée

La Première ministre Élisabeth Borne est en sursis. Un remaniement est inévitable après la défaite de plusieurs ministres dimanche dernier et il faudra aussi faire de la place aux alliés de la « macronie ».

Signe que la place d’Élisabeth Borne est menacée : Emmanuel Macron ne l’a pas cité une seule fois dans son allocution. On sait seulement que la cheffe du gouvernement et cheffe de la majorité doit recevoir les groupes politiques du Parlement la semaine prochaine.