L’Ukraine dans l’attente de la décision des Vingt-Sept sur sa candidature à l’UE

Au 120e jour de l’invasion russe en Ukraine, mercredi 22 juin, la ville de Lyssytchansk, dans le Donbass, est toujours le théâtre de violents combats. L’armée de Moscou resserre son étau sur cette zone du Donbass qu’elle essaye d’encercler. Ce jeudi, le destin de l’Ukraine se joue aussi à Bruxelles où les Vingt-Sept vont se pencher sur sa candidature d’adhésion à l’Union européenne.

L’Albanie depuis 2014 et la Macédoine du Nord depuis 2005 doivent se contenter du simple statut de candidat, rappelle notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Avec les Serbes, Macédoniens et Albanais avaient même menacé de ne pas venir à ce sommet pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un chantage de la Bulgarie : son refus d’ouvrir les négociations avec la Macédoine du Nord tant qu’elle n’aura pas par exemple gravé dans le marbre les droits de sa minorité bulgare.

Les quatre candidats estiment tous qu’ils ont fait les efforts demandés par l’Union mais loin de reprocher à l’Ukraine l’accélération de ses perspectives européennes, ils espèrent surtout profiter de la nouvelle donne géopolitique créée par la Russie pour convaincre l’Union européenne de la nécessité de garantir l’ancrage des Balkans dans l’Europe.

Trois missiles de croisière ont frappé jeudi la ville portuaire de Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, tandis que les défenses aériennes ont abattu deux autres missiles près de la ville d’Odessa, dans le sud du pays, ont indiqué les forces armées ukrainiennes dans un communiqué. Un civil a été blessé lors de ces frappes sur Mykolaïv.La Russie s’est acquittée en roubles de paiements d’intérêts sur sa dette libellée en dollars, a annoncé jeudi le ministère des Finances russes, en raison des sanctions contre le pays pour son intervention militaire en Ukraine. Dans ce communiqué, le ministère indique se baser sur un nouveau système de paiement temporaire entré en vigueur par un décret présidentiel publié juste avant, le mercredi 22 juin.

Ce système prévoit que lorsqu’une échéance arrive, le ministère des Finances transfère l’équivalent en roubles des fonds au NSD, un organisme russe centralisé chargé du dépôt des titres financiers échangés dans le pays. Ce dernier s’occupe de rembourser les créditeurs en roubles au taux de la Banque centrale, afin « d’assurer l’équivalence maximale des paiements ». Si les créditeurs sont russes, les fonds sont transférés « en contournant les intermédiaires étrangers ».

Mais si les titres sont détenus à l’étranger, les fonds seront transférés sur des comptes spéciaux en roubles, un mécanisme proche de celui utilisé pour les paiements gaziers. Fin mai, la Russie a annoncé qu’elle rembourserait sa dette extérieure en roubles, ne pouvant plus le faire en dollars du fait des sanctions, malgré son importante liquidité financière. Or un remboursement dans une devise autre que celle dans laquelle une créance a été libellée expose le débiteur à un défaut sur sa dette.