Gouvernement Ould Bilal II /Restaurer la confiance entre le peuple et le pouvoir : mission impossible ?

La déception est le sentiment le mieux partagé au sein des mauritaniens, après la formation du troisième gouvernement de l’ère Ghazouani, le deuxième sous Ould Bilal. Ceux qui avaient cru en instant à une véritable révolution ou chambardement au sein de l’équipe gouvernementale ont rapidement déchanté. En dépit des remontrances du président de la République et sa volonté devoir le gouvernement se « rapprocher du citoyen ».

Rachid Ould Moustapha, analyste politique, faisait pourtant observer que’’ la volonté qui va présider à la formation du prochain gouvernement devrait d’abord et avant tout s’efforcer d’instaurer la confiance entre le peuple et le pouvoir politique.

Autrement, le nouveau gouvernement agirait dans un climat de totale indifférence, nourrie par une profonde déception liée à la lassitude de voir les mêmes personnes- telle une rotation circulaire- se relayer indéfiniment autour de la gestion- très peu vertueuse- des biens publics’.

Selon Ould Moustapha, ‘’la démission récente du gouvernement semble avoir cristallisé un nouvel espoir, même si certains doutent qu’on puisse changer quoi que ce soit dans ce pays, sans toucher au fondement du système qui tourne autour d’une idéologie partisane et d’individus qui n’ont plus rien à proposer et qui ont perdu toute crédibilité auprès du peuple’’. Le deuxième gouvernement de Mohamed Bilal Messaoud a consacré le départ de 15 sur les 26 ministres qui appartenaient à la précédente équipe ministérielle, soit plus de 50%).

Au delà des sempiternels dosages tribaux, régionaux et communautaires, c’est un retour vers le passé. D’ailleurs, ‘le dosage , l’éternel dosage a poussé à des choix frisant l’improvisation de dernière minute’’,révèle-t-on.

Certains observateurs qualifient de « politique « la nouvelle équipe en référence aux nominations de l’éphémère Premier ministre de feu Sidi Ould cheikh Abdellahi au poste de ministre Secrétaire Général à la présidence et du désormais ex président de L’UPR au ministère de l’hydraulique et de l’Assainissement, Sidi Mohamed O. Taleb Amarà la place de Hassena Ould Boukhreiss, éjecté du gouvernement.

Ould Wagef, l’homme fort du système actuel ?

Dans la disposition actuelle de l’équipe gouvernementale, Yahya Ould Ahmed Ould Waghf (62 ans) qui succède à ce poste à Adama Bocar Soko se révèle « être l’homme fort du système actuel par la cooptation de certains de ses proches et par sa haute main sur la configuration politique générale », estime Imam Cheikh Ould Ely,journaliste.

L’ entrée du Président du parti Sidi Mohamed Taleb Amar au gouvernement, selon lui,’’ laisse ouverte une bataille de succession à la tête d’un parti Upr qui a besoin d’un second souffle et qui n’assure plus au pouvoir cette proximité des populations tant souhaitée’’.

Quant au départ du Directeur de Cabinet pour l’intérieur, il ‘’ laisse le Président à la recherche d’un homme de confiance effacé mais cela est loin de suffire…Il faut une grande maîtrise des rouages et des soubassements politiques et sociaux du pays et une envergure qui permet certains équilibres entre les pans du pouvoir’’, explique Imam Cheikh Ould Ely.

Si certains sont compréhensible d’autres le sont moins.les éviction de Taleb Ould Sid’Ahmed du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle et de Mariem Bekaye,en dépit des gigantesques travail de proximité réalisés ont surpris plus d’un.

Le maintien du ministère de l’urbanisme, de l’habit et de l’aménagement du territoire Sid’Ahmed Ould Mohamed paraît étrange Les retards incommensurable enregistrés dans les grands travaux routiers (échangeurs carrefour Bamako-Carrefour Madrid, route Boutilimitt-Aleg) ont emporté Mouhamedou M’Heimid du ministère de l’équipement et des transports. Il est remplacé par son secrétaire général Moctar Ould Ahmed Yedali.

Gouvernement très hétéroclite

Au chapitre des arrivées, on note les nomination de Mmes Aïssata Daouda Diallo, ancienne secrétaire général du ministère de l’enseignement Supérieur et de la recherche scientifique et ex directrice générale adjointe de l’âme question au ministère de l’environnement et du développement durable, de Lalya Kamara,fille de Kamara Aly Gueladio, ex ministre de l’économie et des finances sous Ould Taya,au ministère de l’emploi et de la formation professionnelle,

Mais aussi de Mohamed Ould Soueidatt, ex secrétaire général du ministère de la Culture, de la jeunesse, des sports et des Relations avec le parlement au ministère de l’élevage il succède à Lemrabott ould Bennahi qui va au Commerce, industrie, à l’Artisanat et Tourisme ,à la place de Mme Naha Mint Mouknass, promue ministre conseillère à la présidence de la République.

Au sein des départements de souveraineté Ismail,nommé directeur de Cabinet du président de la République cède son fauteuil à Mohamed Salem Merzoug.Il est remplacé au ministère de l’intérieur et de la Décentralisation par Mohamed Ould Mohamed Lemine . Ould Boya conserve le ministère de la Justice. Melainine Ould Eyih reste à l’éducation nationale et devient porte-parole du gouvernement. Adama Bocar Soko remplace Sidina Ould Ahmed Ely au ministère de l’agriculture.

A deux ans de la fin du mandat est ce le gouvernement du sprint final ? S’interroge Imam Cheikh Ould Ely.’’ Très hétéroclite à mon avis pour un franchissement heureux de la ligne d’arrivée’’, indique-t-il.

Selon l’ancien secrétaire général des ministères de l’Education nationale et des Affaires Islamique et de l’Enseignement Origine, ‘’tout le poids va reposer sur le Premier ministre qui va devoir colmater énormément de brèches dans une période extrêmement compliquée par la situation de crise internationale dont les conséquences seront désastreuses et viendront s’ajouter à des défis intérieurs multiformes et profonds’’.

Ce gouvernement n’a pas le choix, pense-t-il et faillira comme ses prédécesseurs si la gabegie n’est pas éradiquée, si un plan d’urgence national n’est pas conçu et mis en œuvre, si l’investissement dans le social ne prend pas le pas sur les projets de prestige, si les performances et l’excellence des ressources humaines font défaut.

-N’oublions pas que le pays va s’engager dans des échéances électorales décisives et qui vont mériter de prendre des maintenant les actions visant à leur bon déroulement dans la transparence encore que je me demande où sont les acteurs de la future production tellement les ténors de la politique font profil bas. Alors comment réveiller tout ce monde après l’avoir endormi par le consensus ? Autre défi à relever d’urgence sinon le combat n’aura pas lieu faute de combattants’’, conclut imam cheikh Ely.

Force est de constater que la situation urge et les défis sont de taille. D’autant comme le résume, l’analyste Rachid Ould Mohamed, ‘’les citoyens (sont) confrontés à’’ un chômage endémique, une paupérisation insondable’’.En guise de réaction tant attendue, force est de constater du côté des pouvoirs publics’’ un manque d’action incompréhensible’’. Pour Rachid, ‘’le régime(…) donne l’impression d’être frappé par une léthargie insurmontable’’.

Saydou Nourou T.

Composition du nouveau gouvernement

Ministre de la justice : Mohamed Mahmoud O. Cheikh Abdallahi O. Boyé

Ministre des affaires étrangères, de la coopération et des mauritaniens de l’extérieur : Mohamed Salem O. Merzoug

Ministre de la défense : Hanena O. Sidi

Ministre de l’intérieur et de la décentralisation : Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine

Ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel : Dah O. Sidi ould Amar Taleb

Ministre des affaires économiques et la promotion des secteurs productifs : Ousmane Mamoudou Kane Ministre des finances : Isselmou O. Mohamed M’Bady

Ministre de l’éducation nationale, de la réforme de l’enseignement, porte-parole du gouvernement :

Mohamed Melaïnine O. Eyih

Ministre de la santé : Moctar O. Dahi

Ministre de la fonction publique et du travail : Mohamed O. Abdallahi O. Ethmane

Ministre de la transformation du numérique et de la modernisation de l’administration : Cheikh El Kébir ould Moulaye Taher

Ministre du pétrole, des mines et de l’énergie : Abdessalam ould Mohamed Saleh

Ministre des pêches et de l’économie maritime : Mohamed O. Abidine ould Maïf

Ministre de l’agriculture : Adama Bocar Soko

Ministre de l’élevage : Mohamed O. Souédatt Ministre du commerce, de l’industrie, de l’artisanat et du tourisme : Lemrabott ould Benahy

Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle : Lalya Camara

Ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire : Sid’Ahmed O. Mohamed

Ministre de l’équipement et des transports : Moctar O. Ahmed Yedali

Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement : Sidi Mohamed O. Taleb Amar

Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Mohamed Lemine ould Aboy ould Cheikh El Hadrami

Ministre de la culture, de la jeunesse, des sports et des relations avec le parlement : Khattar O. CheÏbany

Ministre de l’action sociale, de l’enfance et de la famille : Safia mint N’Tahah

Ministre de l’environnement et du développement durable : Aïssata Daouda Diallo

Ministre secrétaire générale du gouvernement : Zeïnebou mint H’Mednah.

Encadré 2 : La liste des ministres qui ont quitté le gouvernement :

– Naha mint Hamdi O. Mouknass ancienne ministre du commerce, de l’industrie, de l’artisanat et du tourisme

– Ismael O. Cheikh Ahmed ministre des affaires étrangères, de la coopération et des mauritaniens de l’extérieur

– Sidi O. Zahaf ministre de la santé

– Naha mint Haroun O. Cheikh Sidiya ministre des affaires sociales, de l’enfance et de la famille

– Mohamed El Hacen O. Boukhreiss ministre de l’hydraulique et de l’assainissement

– Dy O. Zeine ministre de la pêche et de l’économie maritime

– Amel mint Cheikh Abdallahi ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

– Marieme Bekaye ministre de l’environnement et du développement durable

– Mouhamedou M’Heimid ministre de l’équipement et des transports

– Camara Saloum Mohamed ministre de la fonction publique et du travail

– Mohamed Lemine O. Dehabi ministre des finances

Aziz O. Dahi ministre de la transformation numérique et de la modernisation de l’administration

– Sidina O. Ahmed Ely ministre de l’agriculture

Taleb O. Sid’Ahmed ministre de l’emploi et de la formation professionnelle

– Diallo Amadou Samba ministre secrétaire général du gouvernement