Les historiens du football s’en souviennent fort bien : le Cameroun et l’Algérie furent les deux premières sélections africaines à participer conjointement à une Coupe du monde. C’était en 1982, en Espagne. Les Lions indomptables et les Fennecs avaient alors profité du passage de seize à vingt-quatre équipes et de l’augmentation du quota réservé à l’Afrique. Le récent tirage au sort des barrages ne permettra pas de revoir ces deux équipes en phase finale au même moment, un fait qui s’était reproduit en 2010 et en 2014.
Rigobert Song, 45 ans, a déjà goûté au parfum des coupes du monde en tant que joueur (1994, 1998, 2002 et 2010), mais sans jamais franchir le premier tour. Le 29 mars, après le match retour à Blida et quatre jours après le premier acte à Douala, l’ancien défenseur international aux 137 sélections saura s’il deviendra le huitième sélectionneur des Lions indomptables à qualifier ces derniers pour le Mondial.
Eto’o et ses réseaux
À la question de savoir si Rigobert Song risque sa place à brève échéance en cas d’élimination, la réponse penche plutôt du côté du non. « Song vient d’être nommé. Lui et son staff technique ont un contrat de deux ans. Mais si les Lions indomptables ne se qualifient pas, sa crédibilité sera forcément entamée. D’autant qu’au Cameroun son expérience est souvent discutée, car il n’a pas obtenu de résultats mirifiques avec les sélections A’ et les moins de 23 ans. En cas d’élimination, il restera peut-être quelques mois de plus, mais je doute qu’il aille au bout de son contrat », estime Raphaël Nkoa, journaliste à CMR-TV.
Les présidents – de fédérations, de clubs ou de pays – sont capables de tout. Je ne sais pas si Song pourrait être renvoyé. Il doit juste se concentrer sur les deux matchs contre l’Algérie, et ne pas penser à son poste. Samuel Eto’o a pris un risque, et la pression pèse surtout sur lui », souligne l’ancien gardien international camerounais Joseph-Antoine Bell, dont les relations avec le patron de la Fecafoot sont notoirement fraîches.


