Mali: la junte au pouvoir tente de contrer les sanctions économiques

Le pays est soumis à un blocus imposé par la Cédéao depuis le 9 janvier en réponse à la volonté des militaires de se maintenir au pouvoir jusque fin 2026.

Limiter l’impact des sanctions, à tout prix. Pour la junte malienne, l’heure est au contournement des mesures sévères prises à son encontre par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Le 9 janvier, l’organisation intrarégionale a en effet annoncé un embargo économique et financier en réponse à la volonté des militaires maliens de se maintenir au pouvoir jusque fin 2026.

Parmi la batterie de mesures immédiatement applicables: la fermeture des frontières terrestres et aériennes avec le Mali ; la suspension de toute transaction commerciale, à l’exception de certains produits de première nécessité ; et le gel des avoirs du Mali à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et dans les banques commerciales de la région.

Les fonds bancaires s’amenuisent

Dès le 10 janvier, la junte annonçait un « plan de riposte ». Ce jour-là,les représentants de toutes les banques du pays ont été convoqués par le ministre de l’économie. Pour contourner le gel des avoirs de l’Etat malien, les financiers ont été priés de ne pas communiquer les positions des comptes concernés. Selon nos informations, des opérateurs économiques privés ont été incités à mettre leurs comptes bancaires à la disposition de l’Etat pour lui permettre de continuer à payer fournisseurs et fonctionnaires.

Car les fonds bancaires disponibles s’amenuisent dangereusement. 

« Mi-janvier, les banques ont voulu retirer une partie de leurs avoirs détenus à la BCEAO, pour 470 milliards de francs CFA .716 millions d’euros. Afin de ne pas totalement bloquer l’économie malienne, la banque centrale leur a accordé la moitié des fonds, mais ça ne sera pas suffisant pour continuer à payer tout le monde », prévient l’économiste Sékou Diakité, enseignant à l’université de Bamako.

Or, le paiement des salaires des fonctionnaires est un des gros postes de dépense du budget de l’Etat : 7 % du PIB, soit plus de 738 milliards de francs CFA (1,1 milliard d’euros) selon la Banque mondiale. Si les versements n’ont pas été trop entravés en janvier, la fin du mois de février pourrait être plus difficile à négocier.