En Côte d’Ivoire, l’accès à l’eau suscite des inquiétudes

Dans la minuscule cour bétonnée bordée de trois chambres qu’elle partage avec deux autres familles, Awa Bamba, 37 ans et trois enfants, claironne à qui veut l’entendre: «On veut l’eau à la maison!» Dans le quartier de Gbamnan Didjan 1, planté dans la commune de Yopougon, à l’ouest d’Abidjan, il est 9 heures tapantes et la voilà déjà affairée à organiser ses bassines, entre le réchaud et le linge humide qui pend au-dessus de sa tête. Il faut aller ravitailler la maisonnée. Une grappe d’enfants accrochés à son pagne rose, elle part, un vieux bidon d’huile sous le bras et tenant sa grande fille de l’autre main.

Dans son rapport publié en juin 2019, l’Unicef estimait qu’une personne sur trois dans le monde n’a pas accès à de l’eau salubre. En Côte d’Ivoire, on estime ce chiffre à plus de trois habitants sur dix. Ici, on ne parle même pas de l’eau courante qui arrive dans les robinetteries des foyers mais simplement d’un point d’eau de qualité à une distance raisonnable du lieu de vie.