Aly Alpha Kebe, Initiateur de plusieurs programmes sur le développement local, ce jeune Rossossois vient d’être nommé président du mouvement l’Afrique en marche, lors de l’Assemblée Générale annuelle du dit mouvement de jeunes Africains.
L’Afrique en marche, un mouvement de jeunes acteurs Africains, présent dans plusieurs Pays, qui a pour objectif de faire découvrir l’Afrique sous ses multiples aspects, une Afrique qui bouge et qui crée, et ainsi contribuer à faire porter un autre regard sur ce continent.
Ce jeune acteur de développement, après vingt ans d’expérience dans le secteur, Aly Alpha Kebe est le fondateur de l’Association dénommée AJSR (Association des Jeunes au service de Rosso), qui se propose des activités de lutter contre les formes de violences et opportunités d’emploi et le développement de leurs capacités.
Développant ses activités sur le plan local, l’Association se rapproche de toutes les bonnes volontés, les associations de jeunes, les autorités locales.
ARRIYADA.NET:
Bonjour Aly Alpha Kebe: Tu viens d’être nommé Président du Mouvement Afrique en Marche, en Mauritanie. Tu peux nous en dire plus sur le programme, ta mission, et comment tu compte travailler ?
Bonjour, Je voudrais d’abord parler du contexte du Mouvement.
On travaille en Afrique de l’Ouest, en Mauritanie, et partout dans le Monde.
Dans contexte fâcheux, nous constatons qu’en Afrique, il y a des formes de violences liées à la radicalisation, l’émigration clandestine, le chaumage des jeunes ainsi que le manque d’innovation des jeunes face aux nouvelles technologies qui gangrènent le Monde…
Aujourd’hui, les jeunes Africains ont beaucoup à faire, un grand défi vraiment….. Car tout reviens à l’Afrique qui depuis des décennies fonde le développement des Pays occidentaux et que cela paye le prix d’une instabilité et cela pose des questions chez nous en Mauritanie et partout ou nous sommes présent en Afrique.
Le Mouvement Afrique en Marche formule des projets avec la collaboration avec nos gouvernements, pour permettre aux jeunes de développer des activités économiques qui leur permettent de rester au chez eux, d’avoir des perspectives en profitant du cadre de vie qui regorge de potentialités pour l’instant peu développées. On touche à l’aspect économique pour donner un avenir aux jeunes.
Le premier travail que je compte réaliser est donc de mieux explorer les potentialités dans mon Pays. Des diagnostics complets, qui mettent en valeur les secteurs porteurs. Sur cette base, je fais formuler avec les élus, les conseils Régionaux, l’administration territoriale, les organisations communautaires de base, de tous petits projets pour les jeunes, qui ont ainsi les moyens de s’exprimer et de participer au développement local.
Aujourd’hui, les défis des dirigeants Africains se caractérise par la formation d’un marché de consommation et de son corollaire sociologique, un regain d’investissements privés importants qui signale l’attractivité des marchés africains et enfin, l’accès d’une part grandissante de la population aux nouvelles technologies de la communication.
C’est pourquoi, je remercie et félicite le Ministère de l’emploi, de la jeunesse et des sports qui vient de mettre en place des opportunités d’emplois en faveur des jeunes de mon Pays.
Le but c’est de leur montrer là où il y a des potentialités et de leur donner des petits moyens pour commencer à faire quelque chose.
En amont de la création de projets, il y a donc de la formation. Par exemple, il faut renforcer tout ce qui est esprit d’entreprenariat, connaissance de l’environnement économique.
Cela peut permettra aux jeunes de formuler des projets. Avec notre expérience dans le domaine, on a déniché des secteurs porteurs avec par exemple le maraîchage et l’exploitation/transformation des produits locaux.
Notre but dans tout ça, ce n’est pas de créer de petites bulles économiques mais de les mettre en lien avec l’environnement, de créer des chaines de valeurs.
Dans le programme, je dois surtout pouvoir insuffler une dynamique de développement territorial car, il y a beaucoup d’acteurs de développement qui coordonne le développement local à l’échelle Régionale.
Ceci dit, il y a vraiment des possibilités pour raccrocher le projet aux besoins locaux,
Quand on arrive dans une grosse machine comme celui du Mouvement Afrique en Marche, je reconnais qu’il faut être très stratégique et rebondir à temps, donner de la perspective. C’est une grosse machine mais je compte travailler avec une équipe qui est loin d’être sourde.
ARRIYADA.NET:
Quels sont tes défis au sein de ce mouvement ?
Je ne suis pas là pour faire de la mécanique, de la mise en œuvre, mais aussi pour réfléchir. Quand on a la volonté de faire bouger les choses, on y arrive.
Dans le contexte de la Mauritanie et de l’Afrique de l’Ouest, le mouvement y est déjà, il faut seulement l’inscrire dans le temps, la perspective.
Le problème ce n’est pas uniquement l’emploi, ce n’est pas non plus uniquement les instances et les politiques publiques. Je pense qu’il faut redonner la voix aux jeunes (18-35 ans, voir 40 ans) qui ne participent pas trop à la vie de la communauté ou des instances qui décident pour eux.
Il faut donner de la voix aux jeunes et les positionner par rapport au développement, sur des choses très concrètes.
Pour donner un exemple, j’ai poussé pour créer une association qui vit aujourd’hui à travers Facebook.
On a plus de 1500 jeunes qui donnent des avis par rapport à des phénomènes sociaux comme la violence dans les ménages, l’utilisation des drogues, la radicalisation… C’étaient des sujets tabous et aujourd’hui, on a changé les choses.
C’est extraordinaire on redonne une place aux jeunes qui ont plein d’idées. C’est un premier pas pour qu’ils investissent les cadres de décision, parlent de leurs problèmes au quotidien, de la gouvernance à la formulation des politiques publiques.
Donc même en partant d’un projet, on peut faire bouger les choses sur le long terme.
ARRIYADA.NET:
Que penses-tu du rôle du mouvement et quel impact peut-il avoir ?
Je pense qu’on doit se positionner sur des questions de développement, organiser des forums, des réflexions sur des problématiques qui se posent aujourd’hui.
En tant que Président de ce mouvement, et pour le cas de la Mauritanie, j’ai pris l’initiative d’organiser un Forum National de partage des bonnes pratiques en matière de leadership et D’innovation en Mauritanie.
C’est pour ça que je pense qu’on peut faire des propositions et trouver les moyens de les porter, sur des choses très précises, pointues.
ARRIYADA.NET:
Enfin, avant de vous quitter parler nous de votre expérience, non seulement au niveau national, local mais au niveau de la sous région ?
J’ai participé à plusieurs rencontres au niveau local, national et international.
Lors de la première édition du forum panafricain des leaders organisée en Guinée Conakry, en tant que chef de la délégation mauritanienne.
J’ai participé aussi à la sixième réunion annuelle du partenariat de Ouagadougou, organisé en Guinée Conakry et à la 8ème réunion annuelle du partenariat de Ouagadougou organisé au Bénin
J’ai participé à un programme nommé Sahel Engage qui est un processus pour une mise en place d’une présentation médiatique nous avons tenu notre première Réunion à Dakar, deuxième en Guinée et troisième en Mauritanie.
Je suis l’actuel président fondateur de l’AJSR-Rosso, et président des jeunes ambassadeurs SR/PF- Rosso, président de Youth for change Mauritania.
Et si aujourd’hui avec toute cette expérience, pour moi ce n’est nullement pas un hasard, car je fus le coordinateur national du mouvement avant d’être nommé nouveau président.
Avant de terminer je rappelle à nos dirigeants que lorsqu’on fait des études, on s’attend à obtenir un emploi.
L’emploi des jeunes est important, c’est évident alors, il faut des partenariats entre différents secteurs. Et un effort collectif qui implique gouvernements, secteur privé, société civile et autres acteurs.
Je vous remercie…
Arriyada.net


