Arriyada : La campagne « Ensemble pour limiter les accidents de la route » a vivement critiqué la politique du ministère de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif face à la recrudescence des accidents de la circulation touchant la famille éducative.
L’organisation a martelé que les « communiqués de condoléances, aussi sincères soient-ils », ne sauraient se substituer à de véritables politiques de prévention.
Ce réquisitoire, publié ce vendredi 23 Ramadan (13 mars 2026), fait suite au décès tragique de deux directeurs d’école dans la wilaya du Gorgol, survenu la veille. La campagne a rappelé que ce drame s’inscrit dans une série de deuils successifs : en décembre dernier, trois enseignants ont péri sur la route de Nouadhibou, précédés de peu par trois professeurs de la Grande Mahadra Chinguitienne sur l’axe Akjoujt.
Le mouvement dénonce le « mépris » du ministère à l’égard de ses propositions antérieures, notamment l’intégration de la sécurité routière dans les programmes scolaires et l’instauration d’un cours de sensibilisation dès le premier jour de la rentrée. Selon le communiqué, l’école est l’institution la plus apte à façonner les comportements et à bâtir une conscience civique chez les jeunes générations, affirmant que l’éducation routière est une « composante intrinsèque de la responsabilité pédagogique ».
La campagne a également exigé la levée de l’opacité entourant les statistiques des accidents de la route. L’absence de données précises sur les causes et les « points noirs » entrave l’élaboration de politiques efficaces. « Les informations relatives aux accidents de la route ne sont pas un secret d’État », souligne le texte.
Par ailleurs, l’organisation a réitéré son appel au gouvernement pour adopter l’« Appel de Jowk pour la sécurité routière ». Qualifié de « feuille de route exhaustive » comprenant 19 revendications, ce document n’a toujours pas reçu d’écho favorable de la part des autorités, malgré l’aggravation des pertes humaines.
Le communiqué conclut sur la détermination de la campagne à poursuivre son combat en dépit de l’« indifférence officielle », convaincue que la mise en œuvre de l’Appel de Jowk demeure le levier essentiel pour sauver des vies et protéger les biens en Mauritanie.


