Dans une volonté de rationaliser les dépenses publiques et de redresser une situation financière sous tension, le gouvernement sénégalais a annoncé, le 4 mars, la dissolution de 19 agences étatiques.
Cette réforme structurelle, validée en Conseil des ministres, vise à alléger le poids des structures administratives sur le budget national. Selon les projections officielles, cette mesure devrait générer une économie d’au moins 55 milliards de francs CFA (environ 98 millions de dollars) sur les trois prochaines années.
À ce jour, ces 19 entités regroupent un effectif de 982 agents et mobilisent un budget annuel de 28,051 milliards de francs CFA (dont 9,227 milliards dédiés à la masse salariale). La dette cumulée de ces structures s’élevait à 2,6 milliards de francs CFA fin 2024. Le gouvernement n’a pas encore communiqué la liste nominative des agences concernées.
Cette décision intervient dans un climat économique particulièrement délicat :
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Endettement critique : Le taux d’endettement du pays a atteint 132 % du PIB à la fin de l’année 2024, selon les données du Fonds monétaire international (FMI).
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Suspension des financements : Le programme de prêt du FMI est actuellement suspendu à la suite de la découverte d’irrégularités dans la déclaration de certaines dettes publiques.
Vers une gouvernance rigoureuse
Face à cette crise, les autorités sénégalaises entendent réformer en profondeur la gestion des deniers publics. Au-delà des suppressions, le gouvernement annonce un renforcement des mécanismes de contrôle et d’évaluation des structures restantes, ainsi qu’une harmonisation des grilles salariales pour garantir une utilisation plus efficiente et transparente des ressources budgétaires.


