
La République démocratique du Congo se prépare à organiser des élections présidentielles en décembre prochain, au cours desquelles l’actuel président Félix Tshisekedi briguera un second mandat. Il ne semble pas que son chemin soit facile à franchir.
Bien que la liste annoncée par la Commission électorale ne soit pas encore définitive en attendant la publication de la liste définitive par le Conseil constitutionnel, certains noms très présents dans le pays seront en concurrence avec Félix lors des prochaines élections.
Parmi ces noms figure le célèbre médecin Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, très populaire dans l’est du Congo, où il est surnommé « le guérisseur des blessures des femmes », car il a travaillé pendant plus de deux décennies dans le traitement des femmes et les enfants victimes de violences.
Pour ses services humanitaires, Mukwege a reçu de nombreuses récompenses et il entretient de nombreuses relations internationales, non seulement avec des organisations et associations, mais également avec certains gouvernements occidentaux.
La liste des concurrents de Félix, qui compte initialement jusqu’à présent 24 candidats, dont une femme, et 16 concurrents indépendants, comprend également le célèbre homme d’affaires Moise Katumbi, ancien gouverneur de la région du Katanga, au sud-est du pays, qui possède mines d’or et de diamants, et dirige le célèbre club de football africain Mazembe. .
Outre les deux précédents noms marquants, sur la liste des concurrents de Félix Tshisekedi figure également son farouche adversaire lors de l’élection présidentielle de 2018, où il est arrivé en deuxième position, Martin Fayulu, leader du Parti Participation pour la citoyenneté et le développement.
Ces trois-là font partie des rivaux les plus importants de Félix, qui a accédé au pouvoir après la première rotation présidentielle démocratique du pays en 2018, succédant à l’ancien président Joseph Kabila, qui a dirigé pendant 18 ans et avait hérité du pouvoir de son père, Laurent-Désiré Kabila.
Mais la liste ne se limite pas à ces seuls, puisqu’elle en inclut d’autres, parmi lesquels le député Dele Ssangha, les anciens premiers ministres Adolphe Muzito et Augustan Matata Ponyo, poursuivi pour détournement de fonds publics.
Quant à la seule femme en lice, il s’agit de la même femme qui était candidate lors des élections de 2018, Marie-Josie Ifko Mbuta, et le nombre de participants atteignait alors 21 candidates.
Compte tenu de la nature du contexte interne dans lequel se déroulent ces élections, caractérisé par des troubles persistants dans l’Est, où plus de 100 groupes armés sont actifs, et par des relations tendues entre le Congo et son voisin le Rwanda, dans la crainte que cela ne dégénère en guerre, l’élection Tshisekedi pourrait encore être une tâche difficile.
Mais le président Félix cherchera à profiter de la dispersion de l’opposition, qui lui a fait concurrence avec un candidat unifié lors des dernières élections, et a déclaré que sa victoire s’est produite dans le contexte d’un accord entre lui et l’ancien président Joseph Kabila.
Cependant, la tension qui règne actuellement à l’Est, et qui devrait s’accentuer après le retrait des forces de l’ONU, devrait jouer en faveur de l’opposition, si elle parvient, avec ce grand nombre de candidats, à imposer un second tour à Félix et à maintenir son unité lors du second tour.
Toutefois, si Tshisekedi, connu pour sa capacité à nouer des alliances, parvient à entraîner dans ses rangs quelques opposants populaires, le second mandat se jouera en sa faveur.
L’Est congolais, riche en minerais et en ressources naturelles et en proie à des troubles depuis longtemps, sera l’un des dossiers probables lors des élections présidentielles du 20 décembre, qui s’accompagneront également d’élections locales et législatives.


