
La justice guinéenne a interdit à 34 responsables financiers faisant l’objet d’une enquête de voyager, selon un communiqué reçu samedi par l’Agence France-Presse.
Cette décision inclut 34 « directeurs des affaires financières » dans plusieurs institutions, comme la présidence de la République, le Premier ministre et des ministères, selon le communiqué publié par le procureur de la République près le Tribunal de répression des infractions économiques et financières, Ali Touré. .
Le Tribunal contre les violations économiques et financières est un organe judiciaire anti-corruption créé par l’armée qui a renversé en septembre 2021 le président Alpha Condé, au pouvoir depuis plus de dix ans.
Les accusations portées contre les directeurs financiers n’ont pas été précisées.
Le communiqué indique qu’il leur est « interdit de quitter les terres conformément à une décision du procureur de la République Ali Touré ».
L’armée, dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, a annoncé que la lutte contre la corruption endémique dans le pays était l’une de ses principales batailles.
L’opposition accuse l’armée de monopoliser le pouvoir et de faire taire les voix de l’opposition en arrêtant des dirigeants politiques ou civils et en ouvrant des enquêtes judiciaires contre d’anciens responsables et opposants de l’ancien président Condé.
De nombreux anciens responsables ont été emprisonnés, notamment le dernier Premier ministre de l’ère Condé, Ibrahima Fofana, et l’ancien président de l’Assemblée générale, Amadou Damaro Camara.
Le chef du groupe militaire en Guinée, Mamadi Doumbouya, qui a prêté serment comme président après le renversement d’Alpha Condé, s’est engagé à rendre le pouvoir aux civils élus d’ici deux ans, à compter de janvier 2023.
L’opposition exige le retour rapide des civils au pouvoir et la libération de tous les détenus qu’elle considère comme ayant été emprisonnés pour des raisons politiques. Les militaires qui ont pris le pouvoir en 2021 ont interdit toutes manifestations.


