La question de la dépénalisation de l’homosexualité a été relancée à l’occasion de la visite à Dakar du Premier ministre canadien Justin Trudeau.
Le président Macky Sall est resté droit dans ses bottes. Mercredi 12 février, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le chef d’État sénégalais a déclaré que l’interdiction de l’homosexualité au Sénégal relevait de la spécificité culturelle de son pays et n’avait « rien à voir » avec l’homophobie. Une prise de position qui n’est pas tout à fait nouvelle puisque le chef de l’État sénégalais a déjà été interrogé sur ce sujet, notamment lors d’une visite de l’ancien président américain Barack Obama à Dakar en 2013. Les commentateurs n’avaient alors pas hésité à parler de choc des cultures. Depuis, les lignes n’ont guère bougé du côté du Sénégal. Et Macky Sall de maintenir sa position même face aux pressions internationales. Pourquoi ? Selon lui, « les lois de notre pays obéissent à des normes qui sont le condensé de nos valeurs de culture et de civilisation », a-t-il dit. « Cela n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui ont une orientation sexuelle de leur choix ne font pas l’objet d’exclusion », a-t-il insisté. Apostrophé par une journaliste qui lui demandait en quoi des lois interdisant l’homosexualité ne relevaient pas de l’homophobie, le chef de l’État sénégalais s’est gardé d’expliquer. Mais il n’a pas exclu une évolution.
Mettre en relief la spécificité de la société sénégalaise
Le Sénégal, souvent cité en exemple d’État de droit en Afrique, est un pays majoritairement musulman. Et ses différentes composantes, que ce soit les confréries et autres groupes religieux, ont toujours invoqué les spécificités du pays pour refuser une dépénalisation de l’homosexualité. La loi sénégalaise punit de peines d’un à cinq ans d’emprisonnement les actes homosexuels. (…)


